Vous décidez d'acheter du pain chez le boulanger du coin. Vous pourriez sortir de chez vous, tourner à droite, faire quelques pas, entrer, acheter une baguette et rentrer tranquillement à pied. Matériel nécessaire : vêtements légers, sandales (il fait chaud) et quelque pièce. Mais vous décidez d'y aller en voiture car c'est plus confortable. Vous descendez au sous-sol en ascenseur, vous ouvrez la porte du garage avec votre télécommande. Vous montez en voiture et, une fois sorti, vous tournez à gauche car la rue est à sens unique; suivent un rond-point, un feu rouge et un camion poubelle bloquant la rue. Arrivé à destination vous vous garez sur le trottoir, achetez un bâtard, retirez du pare-brise un pv et rentrez à la maison. Matériel supplémentaire requis : ascenseur, volet roulant, voiture, essence, vignette, assurance, permis de conduire...
La technologie comme excès
Si le choix de la voiture pour un si court trajet vous laisse perplexe, que dire de l'usage de moyens informatiques surdimensionnés, inutilement coûteux et compliqués, pour accomplir des tâches quotidiennes aussi simples que l'écriture d'un courriel, la lecture d'un PDF ou la navigation sur internet? Voilà une jolie convergence entre la paresse insouciante des usagers et l'intérêt prédateur des groupes industriels. Mais une autre approche est possible, celle de la souveraineté numérique, qui remplace les logiciels commerciaux avec leurs équivalents libres ou open source : des programmes infiniments plus stables, sûrs et légers, conçus pour fonctionner, sans codes cachés, auditables par tout le monde. Une informatique ultralégère qui n'a pas besoin d'engraisser le foie des programmes pour gonfler les profits des entreprises et est accessible au prix d'un effort : celui de renoncer à de vieilles habitudes et à quelque petit confort.
- Date
- 2022-09-01
- Taxonomy
- Phi-log | sobriete, souverainete, informatique